German Dental ClinicDr Fenjero Walid · Smile Studio

Conseils · 5 min de lecture

E.max ou zircone : quel matériau choisir pour une couronne ou une facette ?

Deux céramiques dominent aujourd'hui les couronnes sans métal : le disilicate de lithium et la zircone. L'une brille par sa transparence, l'autre par sa résistance. Voici comment choisir selon la dent concernée.

Par le Dr Fenjero Walid ·

Illustration : E.max ou zircone : quel matériau choisir pour une couronne ou une facette ?

La réponse courte : esthétique d'un côté, résistance de l'autre

Le disilicate de lithium (dont le nom commercial le plus connu est e.max) est une vitrocéramique très esthétique, translucide, qui se colle solidement à la dent : il est souvent privilégié pour les facettes et les dents antérieures. La zircone est une céramique polycristalline beaucoup plus résistante à la fracture, plus opaque dans ses versions classiques : elle est souvent choisie pour les molaires, les bridges et les patients qui serrent des dents. Les zircones multicouches récentes réduisent l'écart esthétique, au prix d'une résistance un peu moindre dans les couches les plus translucides.

Il n'y a donc pas de matériau supérieur dans l'absolu. Il y a un matériau adapté à une dent, une situation et une bouche précises. Les critères de choix sont détaillés ci dessous ; pour une vue d'ensemble de toutes les familles de couronnes (métal, céramo métal, céramique), voyez notre article couronne dentaire : étapes et matériaux.

Le disilicate de lithium (e.max) en détail

Le disilicate de lithium est une vitrocéramique renforcée : une phase vitreuse, qui donne la transparence, contient des cristaux allongés qui lui confèrent une résistance élevée pour une céramique de ce type.

Points forts :

  • translucidité et jeu de lumière proches de l'émail naturel ;
  • collage adhésif : sa surface peut être mordancée à l'acide fluorhydrique puis silanisée, ce qui crée une liaison très forte avec l'émail. Ce collage contribue à la solidité de l'ensemble et permet des restaurations fines ;
  • polyvalence : facettes, inlays et onlays, couronnes antérieures et prémolaires, parfois molaires lorsque l'épaisseur disponible est suffisante ;
  • fabrication pressée au laboratoire ou usinée par CFAO à partir d'un bloc, puis cristallisée au four.

Limites :

  • résistance inférieure à celle de la zircone : il faut une épaisseur minimale de céramique, donc parfois une préparation un peu plus importante ;
  • moins indiqué pour les bridges longs ou en secteur postérieur ;
  • le collage exige une isolation soigneuse de la dent, difficile si la limite est très profonde sous la gencive.

La zircone : monolithique, stratifiée, multicouche

La zircone (dioxyde de zirconium) est une céramique oxyde très dense, sans phase vitreuse. Elle existe sous plusieurs formes, qu'il est utile de distinguer :

  • zircone monolithique : la couronne est taillée d'un seul bloc, sans céramique cosmétique ajoutée. C'est la version la plus résistante, sans risque d'éclat de la couche de surface. Sa teinte est obtenue par coloration et maquillage ;
  • zircone stratifiée : une armature en zircone recouverte de céramique feldspathique. Très esthétique, mais la couche de recouvrement peut s'écailler ;
  • zircone multicouche : un même bloc présente un dégradé de teinte et de translucidité, du collet au bord. Certaines combinent même des zones plus résistantes et des zones plus translucides.

Les zircones dites haute translucidité (souvent désignées 4Y ou 5Y selon leur teneur en yttrium) sont plus esthétiques mais moins résistantes que la zircone classique (3Y). Le choix de la génération de zircone est donc lui même un compromis.

Points forts : grande résistance, finesse possible en secteur postérieur, bonne capacité à masquer une dent foncée ou un tenon métallique, scellement conventionnel possible lorsque le collage est difficile.

Limites : opacité relative, impossibilité de mordancer à l'acide fluorhydrique (on utilise un sablage et des primaires spécifiques), réglages de l'occlusion à polir soigneusement.

Quel matériau selon la position de la dent ?

Voici les tendances généralement retenues, à adapter à chaque cas :

  • Incisives et canines : le disilicate de lithium est souvent préféré pour sa transparence et son collage, en facette ou en couronne. Si la dent sous jacente est très foncée, une zircone multicouche ou stratifiée peut mieux masquer.
  • Facettes : disilicate de lithium ou céramique feldspathique. La zircone est rarement utilisée en facette fine, car elle ne se colle pas aussi bien et reste plus opaque. Notre page sur les facettes dentaires détaille ce traitement.
  • Prémolaires : les deux matériaux conviennent ; le choix dépend de la visibilité dans le sourire, de l'épaisseur disponible et des forces.
  • Molaires : la zircone monolithique est souvent privilégiée, surtout en cas de serrement ou de faible hauteur de dent. Le disilicate reste possible si la place et l'occlusion le permettent.
  • Bridges : la zircone pour les bridges postérieurs ou de plusieurs éléments ; le disilicate se limite à des bridges de trois éléments, en zone antérieure et jusqu'aux prémolaires selon les indications du fabricant.
  • Couronnes sur implant : les deux existent, souvent sur une base en titane ; la zircone est fréquente en secteur postérieur.

Dans une même bouche, il est tout à fait possible d'associer les deux : disilicate à l'avant, zircone à l'arrière, avec des teintes harmonisées.

Bruxisme, dents antagonistes et autres facteurs de choix

Au delà de la position, plusieurs éléments font pencher la balance :

  • Bruxisme (serrement, grincement) : la résistance de la zircone monolithique est un atout. Une gouttière de nuit reste conseillée, quel que soit le matériau.
  • Usure des dents opposées : une céramique rugueuse peut user l'émail en face. Une zircone monolithique bien polie est en général peu agressive ; c'est la qualité du polissage, plus que le matériau, qui compte.
  • Couleur de la dent support : sur une dent dévitalisée grise ou un faux moignon métallique, un matériau plus couvrant est nécessaire.
  • Profondeur de la limite : si elle descend loin sous la gencive, un scellement conventionnel (possible avec la zircone) peut être plus prévisible qu'un collage.
  • Épaisseur disponible : une dent courte ou déjà très délabrée laisse moins de place ; la zircone tolère des épaisseurs plus faibles en secteur postérieur.
  • Retouches futures : le disilicate peut parfois être réparé localement ; une zircone fracturée se refait en général entièrement.

La question du vieillissement de la zircone en milieu humide est connue : les zircones actuelles et un protocole de fabrication correct visent à limiter ce phénomène.

Ce que le numérique change

Les deux matériaux s'intègrent dans un flux numérique : empreinte au scanner intraoral, conception assistée par ordinateur, puis usinage du bloc. Pour le disilicate de lithium, le bloc est usiné dans un état intermédiaire tendre, puis cristallisé au four, ce qui lui donne sa teinte et sa résistance finales. La zircone est généralement usinée à l'état pré fritté, puis frittée à haute température, avec un retrait calculé par le logiciel.

Certaines restaurations peuvent ainsi être réalisées au cabinet, parfois en une seule séance selon le matériau et le cas : notre article sur la couronne céramique en une séance explique quand c'est possible. D'autres, notamment les cas esthétiques exigeants ou les zircones stratifiées, passent par un laboratoire de prothèse pour un travail de maquillage ou de stratification plus fin.

Choisir avec votre dentiste à Rabat

Pour un choix éclairé, posez ces questions lors de la consultation : quel matériau pour cette dent précise et pourquoi ? Faudra t il tailler davantage pour l'un ou l'autre ? Ma dent support est elle foncée ? Est ce que je serre des dents ? Comment la couronne sera t elle fixée, collée ou scellée ?

À la German Dental Clinic, à Agdal, le choix entre disilicate de lithium et zircone se fait après examen, radiographie et analyse de l'occlusion, en tenant compte de vos attentes esthétiques. Le cabinet dispose d'un scanner intraoral et d'une fraiseuse usineuse (CFAO) pour réaliser sur place certaines couronnes dentaires. Si vous êtes à Rabat et hésitez sur le matériau d'une couronne ou d'une facette, prenez rendez-vous pour en discuter.

Questions fréquentes

L'e.max est-il moins solide que la zircone ?

Oui, à épaisseur égale, la zircone résiste mieux à la fracture. Mais le disilicate de lithium est collé à la dent, ce qui renforce l'ensemble, et sa résistance suffit largement pour les facettes, les dents antérieures et de nombreuses prémolaires. Pour une molaire chez une personne qui serre fortement les dents, la zircone monolithique est souvent plus prudente.

La zircone fait-elle des dents trop blanches ou opaques ?

C'était vrai pour les premières zircones. Les zircones multicouches et haute translucidité actuelles offrent un rendu beaucoup plus naturel, avec un dégradé de teinte. Elles restent en général un peu moins lumineuses que le disilicate de lithium sur une incisive. Le résultat dépend aussi beaucoup du maquillage et du savoir faire du prothésiste.

Ces céramiques contiennent-elles du métal ?

Non. Le disilicate de lithium et la zircone sont des céramiques sans métal. La zircone est un oxyde de zirconium, un composé céramique et non un métal en tant que tel. Ces matériaux sont donc une option pour les personnes qui souhaitent éviter le métal, ou qui ne veulent pas de liseré gris au bord de la gencive.

Peut-on mélanger e.max et zircone dans la même bouche ?

Oui, c'est même fréquent : disilicate de lithium sur les dents de devant pour l'esthétique, zircone sur les molaires pour la résistance. Le prothésiste harmonise les teintes pour que la différence ne se voie pas. L'important est que chaque dent reçoive le matériau adapté à sa fonction.

Une couronne en zircone abîme-t-elle les dents d'en face ?

Une zircone monolithique soigneusement polie est en général peu abrasive pour les dents opposées. Le risque vient surtout d'une surface rugueuse, par exemple après une retouche de l'occlusion non repolie, ou d'un glaçage qui s'use. Votre dentiste polit la couronne après chaque réglage et la contrôle lors des visites de suivi.

Les informations de cette page sont générales. Seule une consultation permet un diagnostic et un plan de traitement adaptés.

Discuter avec nous